Tout a recommencé à la mi-février lorsque la compagnie Champoux a entamé sans préavis et de manière illégitime la coupe de plusieurs arbres sur l'érablière de la Famillle Dubé. Les  membres de la familles ainsi que plusieurs allié.es allochtones et de la communauté atikamekw ont commencé à protester le jour même sur le terrain de l’érablière. Quelques jours plus tard, ils et elles ont décidé de s'installer de manière plus durable et de bloquer la route qui donne accès aux terres. En plus d'empêcher la compagnie de poursuivre la coupe d’arbres, ils et elles réclament le retrait de la machinerie et la fin des destructions.

 

 

Pour le rappel, la Nation Atikamekw Nehirowisiwok, composée de près de 7000 personnes, regroupe les communautés de Manawan, d’Opitciwan et de Wemotaci. Ils et elles occupent depuis des temps immémoriaux le Nitaskinan, territoire non cédé n’ayant fait l’objet d’aucun traité. Le Conseil de la Nation atikamekw négocie depuis plus de 35 ans pour obtenir une entente de principe avec les gouvernements fédéral et provincial. Un article à ce sujet avait été publié dans notre dernier journal.

 

Cette action entreprise par la famille Dubé résonne aussi avec une autre situation se déroulant dans la MRC de Joliette. Une pétition adressée au Ministère des Transports du Québec (disponible ici) a été lancé afin de sauver le chemin des Érables menacé par la bretelle d’accès au village de Crabtree. Il est demandé de ne pas raser l'érablière qui entoure le Chemin des érables et plus largement de limiter la destruction de ce milieu de vie.

 

Par ailleurs, le 22 février 2022 au matin, des militant.es de Mobilisation Matawinie se sont rassemblé.es devant les bureaux du Ministère de la faune, des forêts et des parcs à Sainte-Émelie-de-l'Énergie. Leur action de perturbation visait à souhaiter de manière ironique la bienvenue aux employé(e)s, de retour du télétravail, au bureau du ministère de la Faune, des forêts et des parcs de Sainte-Émelie-de-l'Énergie. Une militante présente sur place expliquait leur plan de match: 

    «Nous avons concentré nos énergies sur les corridors de solidarité. On s'organise afin d'être plus nombreux.es et plus fort.es et les enjeux d'extractivisme comme les coupes forestières sont dans notre mire !»

 

 

De son côté, refusant d’attendre et de regarder la forêt disparaître, la famille Dubé et ses alliés sont passé à l’action afin d’exiger le respect immédiat et sans concessions du moratoire sur les coupes forestières. Ils et elles revendiquent le droit à la réappropriation des ressources et l'autodétermination dans la manière dont elles sont gérées. Il s’agit d’un appel à agir, à arrêter de regarder passivement le territoire se faire détruire et à limiter les dégâts qui sont déjà faits. Il en va de la survie de la forêt, de la faune et des traditions Atikamekws.

 

Sur le terrain, les protecteurs et protectrices de la forêt appellent à du renfort et des vivres. La lutte est loin d'être terminée. Elle ne fait que commencer.