Les rives du Saint-Laurent sont prises malgré elles dans une grande période de bouleversement. Depuis quelques années, le pont de glace qui liait l’Île d’Orléans et la Côte-de-Beaupré ne se forme plus en hiver. Les différentes espèces qui l’utilisaient pour se déplacer entre l’île et la terre ferme se retrouvent privées de cette migration salutaire. À deux pas, un projet d’expansion portuaire vise à s’implanter dans une zone densément peuplée et qui a déjà trop subi les tords de la pollution industrielle.



De même, dans l’est de Montréal, un des derniers espaces en libre évolution est menacé par la bétonisation. Une entreprise crapuleuse oeuvrant dans le commerce international vise à y installer un pôle de transbordement de conteneurs qui doit accroître la circulation de camions par centaines de milliers. À moins de joindre leurs forces, les personnes y ayant trouvé un logis, les promeneurs et toutes les espèces qui y vivent s’en retrouveront évincés.


Entre les deux grandes villes, à Contrecoeur en Montérégie, l’un des derniers habitats du Chevalier cuivré risque d’être détruit par un terminal de conteneurs, une installation annexe au Port de Montréal. Il s’agit de la seule espèce de poisson dont l’aire de reproduction se trouvent exclusivement au Québec. C’est donc dire qu’il faut choisir entre sa survie et un autre projet voué au commerce international.

 

VERS LA FORMATION DE CORRIDORS DE SOLIDARITÉ

 

Tous ces projets trouvent leur sens au sein de la Stratégie maritime du Saint-Laurent, qui lié avec le Plan Nord, forme le plan général de la destruction des territoires et de leur soumission à la dictature de l’économie. L’aggrandissement des ports et l’élargissement des voies navigables va de pair avec l’extraction minière au Nord et avec la dévastation des forêts qui l’accompagne. Pensons par exemple aux terminaux portuaires qui doivent être construits au Saguenay pour exporter les minerais de la très polluante mine de Métaux BlackRock. Ou encore à la mine Nouveau Monde Graphite et à l'arnaque GNL-Québec qui, dans un simulacre de transition écologique dévasteront fleuves et forêts.

Nous pensons que nos luttes devraient être tout aussi liées que les projets dévastateurs auxquelles elles s’opposent. L’idée de former des corrdiors de solidarité serait d’arriver à faire circuler de l’information, des invitations à des événements ou à des actions de désobéissance contre les projets partout où ils se trouvent. Nous aimerions que de plus en plus de gens circulent à travers ces corridors pour aller appuyer les mobilisation dans d’autres villes et dans d’autres régions.

Un exemple inspirant pourrait-être celui de la mobilisation de l’année dernière en soutient aux Wet’suwet’en contre le pipeline TransMountain. Plusieurs ont traversé le Canada pour leur prêter main forte. Ceux qui ne le pouvaient pas ont participé à des manifestations ou à des blocages ferroviares là où ils se trouvaient. La résistance collective est devenue un immense obstacle à la réalisation du projet. C'est ce genre d'énergie que nous voulons voir naitre à travers ces corridors de solidairté. À l'offensive destructrice il nous faut répondre par une contre-offensive pour le vivant!

 

Nous n’avons jamais
été aussi séparés, et pourtant
nous n’avons jamais eu autant besoin d'être ensemble.