À l’est de Viau, dans Hochelaga-Maisonneuve, un terrain en friche 3 fois grand comme le stade olympique est actuellement détruit pour laisser place à la plus grande plateforme de transbordement en Amérique-du-Nord. Ce projet est contesté depuis plusieurs années par différents groupes militants, et trouve très peu d’appuis dans le quartier.

 

Après plusieurs années de mobilisations contre le projet dans son ensemble, le mieux que le promoteur et la ville aient pu offrir aux habitant.es du quartier, c’est 6 places sur une instance de « consultation », qui au dire de nombreuses personnes ressemble beaucoup plus à une instance d’information, où les « représentants citoyens » n’ont à peu près pas voix au chapitre. Or, les comptes rendus de ces réunions sont publics, tout comme les noms des personnes qui y sont présentes. En feuilletant le compte rendu de la première rencontre, un nom saute aux yeux : il s’agit de Bryan Marchant, architecte chez Lemay, qui y est présent aux côtés de Charles Raymond, PDG de Ray-Mont Logistics, promoteur du projet de destruction du Terrain vague. 

 

En 2019, la firme d’architectes Lemay avait été la cible d’une campagne de mobilisation qui s’opposait à la construction d’un centre de détention pour migrants à Laval. Dans un contexte où de plus en plus de personnes migrantes sont emprisonnées et violentées  pour la simple raison qu’elles migrent, la firme avait bénéficié de contrats de plusieurs millions de dollars pour la conception de cette prison. Prise a partie pour ses mauvais choix de contracteurs la compagnie Lemay avait donc été l'objet de plusieurs manifestations et actions directes. Leur bureau et leur voiture avaient été saccagés à plusieurs reprises en 2019 et un an plus tôt des milliers de grillons avaient même été libérés dans les quartiers généraux de leur entreprise.

 

Cherchant elle-même les ennuis, la firme Lemay récidive cette fois en s'alliant avec un autre projet lugubre qualifié par certains d'architecte de la fin mondeTentant de présenter ses projets comme « écologiquement durables » ou encore comme créant «de la valeur tangible et mesurable pour nos clients, utilisateurs et communautés », force est de constater que cette entreprise a choisi son camp, celui de la circulation des marchandises, de l’enfermement des corps, et de la destruction du vivant.