Le 22 août derniers des protecteurs et protectrices de l'eau et de la terre se rejoignèrent sur le sur le futur site d'excavation de la mine de graphite « Nouveau Monde » à St-Michel-des-Saints pour exiger l'arrêt immédiat de tous les travaux reliés à l'exploitation de la mine et aux infrastructures de transport du minerai. Leur action de perturbation s'inscrit dans un mouvement de contestation plus large contre ce projet extractiviste.

 

Ils et elles dénoncent les impacts sociaux et environnementaux négatifs auquel ce projet participe en toute connaissance de cause, soit : la destruction des écosystèmes, la non-reconnaissance des territoires ancestraux, l'usage exagéré et le gaspillage de ressources non-renouvelables (essence, machinerie, combustibles fossiles, minéraux), le gaspillage de temps et d'énergie humaine en temps de crise climatique, ainsi qu'une production de déchets considérables qui pourrait tout simplement être évitée. Leur action vise  également à dénoncer la création d'emplois précaires, désautonomisants et déconnectés du territoire.

 

En outre, les activistes dénoncent la stratégie de communications de « Nouveau Monde Graphite», qui est de vendre l'extraction minière et les profits qu'ils en retireront comme s'ils participaient à un grand rêve écologique. En se prétendant « carboneutres » et participant à la « révolution énergétique » sur leur site Internet, la mine fait usage des techniques bien connues de l'« écoblanchiment », qui visent à « verdir » l'image de leurs activités réelles par des méthodes publicitaires de manipulation des relations publiques.

 

Esther Santerre, résidente de St-Michel-des-Saints qui a assisté aux démonstrations publiques du projet en 2019, déclare : « Nouveau Monde Graphite jongle avec les chiffres pour leur faire dire ce que les gens veulent entendre. Les responsables de l'environnement garantissent que ça s'arrêtera après 25 ans, alors que les responsables de l'emploi déclarent qu'il est très possible et même souhaitable que l'exploitation dépasse 25 ans. C'est un vrai cirque! ».

 

En se rendant sur le site, les opposant·e·s à la mine de graphite « Nouveau Monde » dénoncent le manque d'imputabilité de l'entreprise. D'ailleurs, il est bien clair sur leur site Internet qu'aucune loi ne les tiendra responsables si tout fonctionne à plein régime, ou au contraire, si des dommages imprévus les obligeaient à laisser tomber le projet.

 

Gaëtan Voyer, témoin des chantiers en cours, souligne : « La destruction de la planète, ce n'est pas drôle! Nouveau Monde Graphite a construit et abandonné une mine de démonstration en laissant tous ses déchets en plan derrière elle, je peux bien imaginer à quoi sa « responsabilité » va avoir l'air dans dix ans! ».

 

Comme la ruée vers l'or, la ruée vers le graphite est une solution à court terme, qui ne servira qu'à enrichir des requins de la finance, qui quitteront avec leur butin juste avant que les marchés ne s'effondrent. En réclamant l'arrêt des travaux à la mine « Nouveau Monde Graphite», les activistes s'opposent à toute logique octroyant du pouvoir à des entreprises privées sur le marché capitaliste, laissant les communautés et les écosystèmes aux prises avec un trou béant et les responsabilités de s'occuper, au jour le jour, des conséquences irréversibles de leurs actes.