Une manifestation avait lieu vendredi le 5 en fin d'après-midi pour soutenir M. Camara et signifier la colère de la communauté contre le profilage racial qui continue d'avoir lieu tous les jours dans Parc-Extension. 

Rappelons qu'il a été lavé de toutes ses accusations après avoir été arrêté par rapport à une affaire de tentative de meurtre d'un policier et avoir été détenu pendant 6 jours. L'histoire tordue révélera qu'en fait c'est lui qui avait appelé le 911 en voyant le policier subir une raclée. Dans son appel, il donne une description du suspect, qui ne lui correspond pas du tout. Ces éléments n'ont pas été jugés suffisants pour le relâcher: ce sont des preuves vidéo qui l'ont montré innocent.

Contrairement à M. Camara, Sanjay Vig, le policier qui a été attaqué dans cette histoire, n'est pas sans antécédants. Il avait été reconnu coupable de contrevenir à la déontologie (on sait comme il est difficile d'être assez ignoble pour réaliser cet exploit) : avoir exigé de l'argent d'un automobiliste sans lui donner de constat d'infraction, avoir fait un usage excessif de la force et avoir procédé à une arrestation illégale.

Plus encore, une rumeur courrait dans la foule : Sanjay Vag aurait été attaqué par un homme qui n'en pouvait plus de son emprise sur les gens du quartier. Le policier aurait été au coeur d'une affaire d'extorsion d'argent. Selon certains, il menacerait des résidents du quartier de faire jouer son influence contre eux, de les dénoncer et de les faire arrêter. Il leur extorquerait ainsi de l'argent pour acheter son silence. Il semblerait que c'est ce qui explique l'attaque contre lui, alors qu'il procédait à une intervention de routine dans Parc-Extension. M. Camara aurait été une victime de plus des crapuleries de Sanjay Vig.

C'est dans ce contexte de gronde populaire que se tenait la manifestation organisée par la table de quartier de Parc-Extension. Il est alors facile de comprendre que certains des propos tenus par les orateurs aient déplu : alors qu'en avant de la foule on parlait d'«accountability» de la police, on entendait son coeur répondre «abolition!». Alors que la mairesse Giuliana Fumagalli (Villeray-Saint-Michel-Parc-Extension) tentait de se donner bonne figure, elle s'est fait interrompre et son hypocrisie a été mise au jour. 

Plusieurs n'ont pas oublié que c'était elle qui, lors de la lutte pour la Plaza Hutchison, était responsable de la criminalisation de plusieurs millitants, que c'est elle qui call la shot dans Parc-Ex et qu'elle est responsable, elle aussi de la situation tendue avec la police. Quand cette situation a émergé, des personnes dans la foule, manifestement proches de l'organisation, ont tenté d'empêcher qu'on la filme, mettant leurs mains devant les caméras. On se demande finalement pourquoi elles organisaient ce rassemblement.

Une autre manifestation, organisée par Tout le Hood en parle, est prévue dimanche le 7 février à 14h30 devant le QG du SPVM.