[English version below]

En cette période de pandémie, le capital tue plus que jamais. Les travailleur-euse-s sont laissé-e-s sans équipement dans les hôpitaux. Le confinement s’abat sur la population parce que les gouvernements ont fait trop peu trop tard. Les riches propriétaires qui ont ramené le virus avec elleux s'insurgent d'une grève des loyers que leurs locataires n'ont pas le choix de faire, faute d'argent. Les personnes qui vont mourir sont les plus vulnérables, des commis dans les épiceries aux livreur-euse de nourriture, en passant par les prisonnier-ère-s, les sans-abris et les sans papiers, pendant que les plus à l’aise travaillent de la maison. Malgré tout, la distanciation sociale reste une manière importante de réduire le nombre de personnes infectées, et c’est pourquoi NOUS NE NOUS RASSEMBLERONS PAS PHYSIQUEMENT POUR LA MANIFESTATION DU PREMIER MAI. Cependant, nous essaierons de rendre la résistance le plus visible possible, malgré le contexte difficile.

L’économie canadienne, comme celle de la plupart des pays du G20, présentera un bilan financier négatif à cause de la crise sanitaire. Mais en fait, l'économie ça ne veut rien dire. C'est un amalgame d'indicateurs qui ne reflètent en rien notre bien-être. Ils sont réellement plus souvent liés négativement à la santé de nos relations, de nos enfants ou de nos cours d'eau. Toutefois, la classe politique nous force à pleurer le ralentissement économique, nous refusant l'accès aux produits et aux services fournis par notre travail. Pendant que les riches sont sur des îles désertes et dans des maisons de campagnes, les pauvres sont empilé-e-s dans leur taudis, à produire la richesse, à soigner les malades ou à remplir les tablettes des épiceries. Le confinement rend très difficile la solidarité dans un tel contexte, alors qu'il s'agirait pourtant d'un moment opportun pour renverser l'État capitaliste. 

Profitons-en pour remettre d’actualité la question environnementale dans une perspective anticapitaliste de justice climatique. Alors que l'air de nos villes est enfin respirable, évitons un retour à la normale dicté par les besoins du capitalisme. Évitons la normalisation de l'isolement et du niveau actuel de surveillance. Car revenir à la normale serait jouer le deuxième acte d'une même tragédie, ce serait jouer le même rôle que nous avions auparavant dans l’écocide en cours. Le système doit changer, doit faire renaître la justice, dans le respect de la vie et des écosystèmes.

Nous voulons nous reconnaître dans le monde que nous habitons. Le capitalisme a produit une société dont personne ne veut. Il est temps de prendre possession du cours de l’histoire laissé trop longtemps à la disposition des riches et des dirigeant-e-s. Il est temps de construire un monde qui nous ressemble. 

Cette année nous ne prendrons pas la rue, c’est pourquoi nous vous demandons d’AFFICHER VOTRE SOLIDARITÉ ANTICAPITALISTE PAR DES BANNIÈRES, PROJETS ARTISTIQUES ET AFFICHES. Si vous pouvez prendre des photos, les images seront présentées sur une page web à cet effet, pour lesquels des détails suivront. 

Il ne faut pas perdre espoir. La lutte continue d’être aussi, sinon plus, nécessaire qu'avant.

info@clac-montreal.net

 

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In these times of pandemic, capital kills more than ever. Workers are left without equipment in hospitals. Confinement falls upon us because our government did too little, too late. Rich landlords who brought the virus back from their latest trip are angered by a rent strike that their penniless tenants have no other choice but to partake in. The people dying right now are among the most vulnerable, from grocery store clerks, to delivery workers, prisoners, homeless folks, and undocumented migrants. All of this while the most fortunate get to work from home. Nevertheless, social distancing remains an important way to reduce transmission, and this is why WE WILL NOT MEET PHYSICALLY FOR A MAYDAY PROTEST. We will however try to make resistance as visible as possible, given the difficult context.

The Canadian economy, along with that of most countries of the G20, will present a negative fiscal balance this year due to the sanitary crisis. The economy, however, means nothing. It’s a mix of statistical indicators that have never reflected our collective well-being. These indicators are more often related negatively to the health of our relationships, children, and waterways. However, the political elite forces us to mourn the economy by blocking our access to the products of our labor. While the rich live in style on desert islands and in distant townhouses, the poor are stacked in slums, forced to produce wealth, to heal the sick, or to restock grocery store shelves. Confinement makes solidarity very difficult in a context otherwise favorable for the crumbling of the capitalist state.

Let's take this opportunity to shift environmental questions back to an anticapitalist perspective of climate justice. At a time when the air of our cities is finally breathable, let's avoid the return to normalcy demanded by the capitalist elite. Let's avoid making forced isolation and mass surveillance the new normal. Because a return to normalcy would only be the second act of a single tragedy, with societies playing the same role they had in the ongoing ecocide. The system must change, we must build justice anew, a justice which respects life and ecosystems. 

We want to belong to the world we inhabit. Capitalism built societies we don’t really want. It’s time to take back control of our future from the rich and powerful who have had it for far too long. It is time to build a world for all of us. 

This year we will not take the streets. This is why we ask you to SHOW YOUR ANTICAPITALIST SOLIDARITY THROUGH BANNERS, ART PROJECTS, AND POSTERS. If you can take pictures, images will be presented on a Web page built for this purpose. Details will be available shortly. 

We cannot lose hope. The struggle continues to be as necessary as ever.

info@clac-montreal.net