Ce texte est originellement paru en anglais; la version française suit ci-dessous.

Ecofascism is an ideology that merges neo-fascism with environmentalism. Ecofascists share many of the same concerns as radical leftist environmentalists in that they want to protect the Earth, as well as animals, from the ecological destruction that has been brought on by capitalism. Where they differ, of course, is that ecofascists aim to do so through tactics that spawn from racist and white supremacist principles.

 

Common ecofascist themes include anti-refugee and anti-migration sentiments, population-control, animal rights, Norse mythology and its symbols that were previously appropriated by the Nazis, clean-eating and natural health, an interest in the fascist esoterism embodied by Evola and Savitri Devi as well as in the terrorist agendas of James Mason, and other unsavoury characters like Charles Manson and Ted Kazynski. With a long history of ecofascist thought in both Europe and North America, and with the recent rise of the farright, it is not surprising that several neo-fascist political parties and non-politically affiliated groups have embraced ecofascsist ideas.

Ecofascists believe that lands that were originally inhabited by whites (i.e. Europe), need to be reclaimed as white nations. Of course, ecofascists in Turtle Island and Australia feel the same way about their homelands despite the fact that they are settlers. The gunman who shot up a Walmart in El Paso, Texas, last summer, blamed migrants for the ecological degradation of the United States and proposed genocide as a means towards ecological sustainability. Via their now defunct Twitter page, the B.C.-based identitarian group Northern Identity, states that "the most effective thing Canadians can do to lower emissions, preserve green space and improve housing conditions is to reduce immigration."

Part of the “Fashwave” Neo-Nazi / White Nationalist / White Genocide ideology is preparing for what they perceive to be an inevitable Doomsday. In most cases, these ideologues wish to hasten it and thus launch a revolution such that the White Ethnostate will become a reality in their lifetimes. In their worldview, abiding by the supposed current status quo of multiculturalism and inclusion in western society is unacceptable.

In North America, the Northwest Front is “a political organization of Aryan men and women who recognize that an independent and sovereign White nation in the Pacific Northwest is the only possibility for the survival of the White race on this continent.” The Northwest Front also claims to have “the right to a clean and healthy environment”... as well as “providing social, racial, and environmental stability while serving as a constant source of spiritual renewal for man in close rapport with Nature”. Their flag of blue, white, and green represents the sky above, the land below, and (white) people in the middle. The Northwest Front was mentioned by Dylan Roof in his manifesto when he murdered nine African Americans during a prayer service at the Emanuel African Methodist Episcopal Church in downtown Charleston, South Carolina.

The Pine Tree Gang, a more militant offshoot of the Northwest Front, is a group of ecofascist Unabomber enthusiasts based in the northwestern region of the United-States. The group's aesthetic mimics that of Atomwaffen Division, another decentralized cellbased organization responsible for at least five murders. On October 20th, 2018, the Pine Tree Gang announced the launch of a new website called the “Eco Fascist Order”. Essentially, it is an organization formed by some of the most prominent Pine Tree Gang and Northwest Front members to recruit likeminded white nationalists to a cause that is both fascist and eco-friendly. Both the Pine Tree Gang and the Northwest Front are proponents of the theory that there is a home for the white race in a place called “Cascadia”, which is supposedly located in the United-States, in Idaho, Oregon, Washington, and western Montana. They believe Cascadia is the White Ethnostate of the future; a pure, untouched, exclusively white homeland.

With politically-mixed ecological movements (e.g. Extinction Rebellion) coming to the forefront, it is important to watch for infiltration of right-wing activists. Ecological discourse centered around population control, immigration policy, and purity in any form must be countered. A decolonial approach needs to be prioritized, with Indigenous people at the forefront. Social justice and environmental justice must go hand-in-hand.

This text can be found in the "Heat Stroke" brochure, a collection of radical perspectives on our ecology in crisis, assembled by the Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC).

 

Traduction française.

L’écofascisme est une idéologie qui fusionne le néo-fascisme et l’écologisme. Les écofascistes partagent plusieurs des mêmes préoccupations qu’ont les environnementalistes de la gauche radicale, c’est-à-dire la protection de la Terre et des animaux face à la destruction écologique résultant du capitalisme. La différence entre les deux positions, bien sûr, c’est que les écofascistes visent à atteindre ces objectifs en utilisant des tactiques basées sur des principes provenant du racisme et de la suprématie blanche.

 

Certains thèmes populaires chez les écofascistes sont les sentiments anti-réfugié·e·s et antimigration, le contrôle des populations, les droits des animaux, la mythologie Nordique et ses symboles déjà appropriés par les Nazis dans le passé, une alimentation saine et la santé, un intérêt pour le fascisme ésotérique d’Evola et Savitri Devi, ainsi que des personnages répugnants comme Charles Manson et Ted Kazynski. Avec une longue histoire d’écofascisme tant en Europe qu’en Amérique du Nord, et avec la récente montée de l’extrême-droite, ce n’est pas surprenant que plusieurs groupes et partis politiques néofascistes ont adopté des idées écofascistes.

Les écofascistes croient que les terres qui ont été historiquement habitées par les blanc·he·s (c'est-à-dire l’Europe) doivent être récupérées en tant que nations blanches. Bien sûr, les écofascistes de l’Île de la Tortue et de l’Australie ont le même genre de discours à propos de l’endroit où iels habitent bien qu’iels soient descendant·e·s des colons sur des terres Autochtones non-cédées. Le tireur d’un attentat dans un Walmart à El Paso au Texas l’été dernier, blâmait les immigrant·e·s pour la dégradation écologique des États-Unis et proposait le génocide comme route vers un coexistence durable avec la nature. Sur leur défunte page Twitter, le groupe identitaire Northern Identity basé en Colombie-Britannique disait que « la chose la plus efficace que les Canadiens peuvent faire pour réduire leurs émissions, préserver les espaces verts, et améliorer les conditions d’habitation, est de réduire l’immigration ».

La préparation pour un inévitable armageddon fait partie intégrante de l’idéologie du « Fashwave » néo-Nazie, du nationalisme blanc, et de la peur d’un génocide blanc. Dans plusieurs cas, ces idéologues veulent accélérer ce qu’ils voient comme le jugement dernier et ainsi lancer une révolution qui mènera à la création d’un état blanc au cours de leur vie. Selon leur vision du monde, le supposé statut quo du multiculturalisme et de l’inclusion dans la société Occidentale est inacceptable.

En Amérique du Nord, le Northwest Front est une « organisation politique d’homme aryens et de femmes qui reconnaissent qu’un état blanc indépendant et souverain dans le Nord-Ouest est la seule possibilité pour la survie de la race blanche sur le continent ». Le Northwest Front dit aussi avoir « le droit à un environnement propre et sain »… ainsi qu’une « stabilité sociale, raciale et environnementale tout en servant de source constante de renouvellement spirituel pour l’Homme en relation étroite avec la nature ». Leur drapeau bleu, blanc et vert, symbolise le ciel en haut, la terre en bas, et le peuple (blanc) entre les deux. Le Northwest Front a été mentionné par Dylan Roof dans son manifeste quand il a tué neuf personnes noires durant un service de prière à la Emanuel African Methodist Episcopal Church au centre-ville de Charleston, en Caroline du Nord.

Le Pine Tree Gang, une branche plus militante du Northwest Front, est un groupe d’écofascistes passionnés du Unabomber, dans la région nord-ouest des États-Unis. L’esthétique du groupe mimique celle de la Atomwaffen Division, une autre organisation en cellules décentralisées responsable d’au moins cinq meurtres. Le 20 octobre 2018, le Pine Tree Gang a annoncé le lancement d’un nouveau site Web appelé « Eco Fascist Order ». Essentiellement, c’est une organisation formée par certains des membres les plus proéminents du Pine Tree Gang et du Northwest Front, pour recruter d’autres nationalistes blancs à leur cause qui est à la fois basée dans le fascisme et l’écologisme. Ces deux groupes sont partisans d’une théorie voulant qu’une terre promise à la race banche appelée « Cascadia » existe aux États-Unis dans l’Idaho, l’Oregon, l’état du Washington, et l’ouest du Montana. Ils s’imaginent Cascadia comme l’état blanc du futur; une terre pure, vierge, et exclusivement blanche.

Avec des mouvements écologistes politiquement mixtes (ex. Extinction Rébellion) prenant plus d’ampleur, il sera important de surveiller leur infiltration par des activistes de la droite. Les discours écologistes centrés sur le contrôle des populations, les politiques migratoires, et la pureté de quelque forme qu’elle soit, doivent être contrés. Une approche décoloniale doit être priorisée, avec des personnes Autochtones en avant-plan. Les luttes sociales et écologiques doivent être combattues ensembles.

Ce texte est tiré de la brochure « Coup de chaleur », un recueil de perspectives radicales sur l'écologie en crise, assemblé par la Convergence des luttes anticapitalistes (CLAC).