Photo: La Reine d'Angleterre dans le port de Gaspé en 1959

 

« Pour ce qui est des structures policières dans les plus petites villes et dans les régions rurales, mis à part quelques rares exceptions, aucun travail n’a été fait. L’histoire des structures policières au Québec reste donc en bonne partie une terra incognita, un terrain presque vierge à défricher. »

Donald Fyson, La police au Québec, 2012.

 

La police est une institution mise en place par les riches et les élites pour protéger leurs biens et maintenir leur pouvoir sur la population et le territoire. Elle vise bel et bien à maintenir l'ordre : l'ordre injuste et destructeur qui sévit sur ces terres depuis la colonisation. La « paix » qu'elle garde est une absence de conflits imposée par la répression de toute tentative de renverser cet ordre inégalitaire. Quand les personnes qui se font exploiter, opprimer, voler et violenter sont soumises, c'est ce qu'on appelle « la paix ». C'est en ce sens que les policiers sont les « gardiens de la paix ».

Pour illustrer ceci, voici une courte histoire de la police en Gaspésie. Considérant l'absence totale d'écrit se concentrant spécifiquement sur la police en Gaspésie, il s'agit surtout de sections de l'histoire de la Gaspésie mises en relation avec des sections de l'histoire de la police au Québec. Les informations relatives à l'histoire mi'gmaq proviennent de Nta'tugwaqanminen, le livre récent du Mawiomi Mi'gmawei sur l'histoire des Mi'gmaqs de Gespe'gewa'gi.

 

Préhistoire – 1761

Il y a environ 8440 ans, l'immense lac Agassiz (qui recouvrait presque l'entièreté du Manitoba et de la Saskatchewan, l'ouest de l'Ontario, le nord du Minnesota et l'est du Dakota du Nord) se vide dans l'océan Arctique en passant sous les glaciers de la baie d'Hudson et des Territoires du Nord-Ouest, devenus poreux. Cet événement d'ampleur se produit probablement en moins d'un an et entraîne de graves inondations partout sur la planète ainsi que d'importants mouvements migratoires. Entre 7000 et 3500 avant aujourd'hui (AA), le peuple autochtone de la culture plano qui habite depuis déjà des millénaires le territoire qui deviendra Gespe'gewa'gi voit arriver les Proto-Algonquiens de l'Est (habitant autrefois sur les berges du lac Agassiz). Ces deux groupes se côtoient sur de longues périodes pour « progressivement fusionné, culturellement et génétiquement », et devenir le peuple mi'gmaq.

En 1534, Jacques Cartier débarque a Gaspé. Durant les deux siècles qui suivent, les Mi'gmaqs restent les seul-es habitant-es permanent-es de la péninsule gaspésienne. Des pêcheurs eurocanadiens viennent durant l'été en Gaspésie, puis repartent. Il y a aussi beaucoup de traite des fourrures. Durant cette période, toutefois, il semblerait que les Mi'gmaqs ont pu conserver leur mode de vie traditionnel et habiter le territoire comme il le faisait avant l'arrivée des colons. Dans Nta'tugwaqanminen, on clarifie que « ce n'était pas [que les français] étaient de meilleures personnes ni qu'ils avaient plus d'empathie que les Britanniques qui ont suivi, mais il y en avait relativement peu ».

En Nouvelle-France, le maintien de l'ordre était légalement l'affaire des capitaines de milice, mais ceux-ci ne sont pas vraiment intervenus en Gaspésie puisqu'aucun de leurs sujets n'y habitait de manière permanente. En 1755 commencent à arriver les Acadien-nes, venu-es trouver refuge face à la déportation. Il y en aura jusqu'à 1500, pour n'être plus que 400 en 1761. En juillet 1760 a lieu la dernière bataille navale entre la France et la Grande-Bretagne sur les eaux de la rivière Ristigouche, lieu de vie et de pêche important pour les Mi'gmaqs. En octobre de la même année, le capitaine Elliott se rend dans la baie des Chaleurs pour s'assurer de la capitulation des Français. Il vient aussi faire la paix avec les Mi'gmaqs. En 1761, les Mi'gmaqs signent un traité avec les Anglais qui poursuit chaîne d'alliance mise en place avec les colons par les traités de 1726 et 1752.

 

1761 - 1800

Quand les Anglais prennent le pouvoir sur les territoires de la Nouvelle-France, il donne le pouvoir de police à des connétables (ou constables) élus, qu'ils appelleront baillis et sous-baillis pour les francophones. Ce système ne durera pas longtemps et dès 1777, Guy Carleton redonnera le pouvoir de police aux chefs de milice. Dans les faits, toutefois, il semblerait que ni les uns ni les autres ne fassent réellement le travail de police que les élites attendent et que ce serait plutôt un groupe d'huissiers professionnels ou semi-professionnels que les juges de paix et shérifs auraient engagé pour faire les arrestations et protéger les tribunaux. Ce serait aussi eux qui auraient été payés pour garder les marchés et empêcher le vol des biens des possédants.

À partir de 1760, la colonisation de la péninsule gaspésienne s'accélère. En plus des Acadien-nes, beaucoup d'Anglais-es et d'Écossais-es commencent à s'installer dans la Baie-des-Chaleurs, particulièrement non loin de la rivière Ristigouche. En 1784, ce sont des centaines de loyalistes américains qui trouvent refuge dans la Baie-des-Chaleurs (à Paspepiac et ce qui deviendra New Carlisle). C'est à ce moment que le lieutenant-gouverneur Nicolas Cox demande au gouverneur Haldimand de lui envoyé un shérif et des gardiens de prison. Thomas Mann devient ainsi le premier prévôt des maréchaux (shérif) de la Gaspésie. À partir de 1788, sur le côté nord de la péninsule, les seigneurs de Rimouski, de Métis, de Matane et de Mont-Louis, ainsi que plusieurs locateurs de terrains entreprennent eux aussi de faire pression sur le gouverneur pour avoir plus de polices sur le territoire. En 1791, ils écrivent une pétition dans laquelle ils soutiennent qu'entre Trois-Pistoles et Cap-Chat :

« Il s'y trouve Cent quarante familles avec un grand Nombre de Pêcheurs pendant la Saison de l'été ainsy que beaucoup de Traiteurs avec les Sauvages, lesquels Sont hors de portée de pouvoir avoir recours à aucune Justice, rapport à la grande distance et aux Chemins qui Sont impraticables et il Setrouvent Souvent dans de très grandes inconvénients et Sujets à des frais Considérables, pour le Recouvrement de leurs Debtes, Aussibien que pour Obtenir Satisfaction des injures faute d'une Jurisdiction et de Juges munis de pouvoirs, pour y présider en forme, rendre la Justice et décider les disputes qui Surviennent souvent Entr'eux. »

C'est ainsi qu'un juge de paix est nommé pour la région : Donald MacKinnon.

On peut en conclure que jusqu'à la fin du 18e siècle, la présence policière sur le territoire était presque inexistante et que les élites coloniales n'arrivaient pas à imposer leur loi aux Mi'gmaqs. Rappelons d'ailleurs que les Mi'gmaqs n'ont jamais signé autre chose que des traités de paix et d'amitié avec les colons européens. À partir de 1760, toutefois, leur relation avec le territoire est bouleversée par l'afflux toujours plus grand de colons. Ceux-ci posent des « rets » sur la Ristigouche, soit de grands filets qui passent de bord en bord de la rivière, pour attraper tout le saumon qui essaye de remonter. L'impact sur les populations de saumon et sur la capacité des Mi'gmaqs de pêcher est catastrophique. Les colons s'installent aussi sur les terres où les Mi'gmaqs avaient l'habitude d'aller, s'approprient les ressources du territoire et empêchent les Mi'gmaqs de mener à bien leurs activités de subsistance.

Face à cet état de fait, les Mi'gmaqs écrivent des pétitions, rencontrent des hauts gradés, mais aussi sabotent les rets et volent les prises. En 1779, une partie des Mi'gmaqs s'allient avec les rebelles américains et participent à plusieurs raids à Miramichi. Dix d'entre eux sont emprisonnés et l'autre partie des Mi'gmaqs s'entend avec les Anglais pour faire la paix.

 

1800 - 1838

La misère continue à s'installer dans les décennies qui suivent. Entre 1809 et 1816, les Mi'gmaqs envoient beaucoup de pétitions. Celle de 1816 se lit comme suit :

« Nous demandons votre protection, car nous sommes pauvres et manquons de vivres et d'habits. Les blancs qui demeurent sur les bords de la rivière de Restigouche traversent nos rivières par leurs rets et nous otent notre vie à nous et a nos enfants. […] Les batimens marchands envoyent leurs chaloupes jusqu'en haut de nos rapides et enivrent nos jeunes gens pour en tirer le poisson et les marchands qui demeurent à l'entrée de la rivière font la même chose. Notre père, nous demandons votre protection pour recouvrire les terres que notre père le roi nous a donné. Des étrangers entreprennent de nous les ôter; nous avions des prés que nous fauchions, maintenant d'autres les fauchent pour eux et nous n'avons plus rien. Nous allions à la chasse dans le haut de nos rivières, nous y trouvions du castor et du gibier; a présent d'autres nations vont faire la chasse sur nos terres : voilà pourquoi nous sommes pauvres et dépourvus de tout. »

La même année, des propriétaires écrivent aussi des pétitions au gouverneur pour « l'établissement d'une police efficace dans les campagnes ». On peut en comprendre que les colons réussissent à maintenir leurs pratiques destructrices et égoïstes sans égard aux personnes qui habitaient ce territoire avant eux, mais n'arrivent pas non plus à s'assurer un contrôle total sur le territoire. En 1824, un règlement interdit la pêche au harpon (méthode traditionnelle mi'gmaq) sur le territoire gaspésien. Les Mi'gmaqs passent à deux doigts de se révolter et de massacrer tous les colons, mais il semblerait que le Père Faucher les convainquit de ne pas le faire. À partir de ce moment, les autochtones font donc face à plus d'amendes et de peines d'emprisonnement pour le simple fait de pêcher.

En parallèle, pour vous donner une idée de comment on envisageait la justice à l'époque, des discussions ont cours sur l'abolition de la peine de mort, par exemple en cas de vol. Le juge en chef Sewell écrira :

« Si l'on considère la grande quantité de propriétés mobilières qui de nos jours se trouve exposée, dans les écuries, sur les vaisseaux et jusque dans les rues et sur les grands chemins, aux déprédations des voleurs de profession, tant seuls que combinés ensemble, on pourra certainement douter qu'un changement si fondamental dans la loi que le serait l'abolition absolue de la peine capitale dans tous les cas de vol, ne fut pas accompagné d'un danger réel à la sûreté et au bien-être de la société en général ».

 

« Le bien-être de la société en général », ou plutôt celui des riches.

 

1838 - 1900

En 1838-39, la fameuse révolte des patriotes secoue les institutions anglaises, mais la Gaspésie n'est pas un foyer de révolte très important à l'époque. Le rapport Durham de 1839 visant à comprendre les causes de la rébellion accuse le manque d'une police efficace. Il dit, à propos des campagnes : « Dans le reste de la Province, où les fonctions de la police avaient coutume d’être remplies par la milice, ce corps étant maintenant désorganisé, il n’y a plus à présent de police du tout. »

En 1839 est donc créé le premier service de police provincial centralisé sous le contrôle direct de l'administration coloniale. Cette police « maintient l'ordre » et surveille les militants francophones dans les grandes villes. Cette police est abolie dès 1843 et remplacée par des polices municipales à Québec et à Montréal. De grandes grèves se tiennent dans les décennies suivantes et l'administration tente à plusieurs reprises de recréer une police provinciale. En 1878, la dernière mouture de cette police est à nouveau abolie et se contente de garder le parlement. Donald Fyson, qui a étudié l'histoire de la police au Québec, considère que « pour ce qui est des campagnes notamment, la police est à peine mieux organisée en 1878 qu’elle ne l’était au milieu des années 1760. » Il insiste, écrivant : « On pourra même affirmer qu’à plusieurs égards, il y a moins de « police » dans les campagnes à la fin de la période [1878] qu’au moment où la plupart des paroisses élisaient leurs baillis et sous-baillis. »

On peut en déduire que jusqu'à la fin du 19e siècle, les colons habitant en Gespe'gewa'gi jouissent d'une relative liberté face à l'administration coloniale. Notons toutefois qu'à partir du milieu du 19e siècle, une certaine décentralisation des structures policières entraîne la création de différents connétables assignés à des entités particulières. Il y avait par exemple des connétables d'Église, directement sous la juridiction du curé et des constables de chemin de fer, payé par la compagnie.

Pendant ce temps, la situation des Mi'gmaqs de Gespe'gewa'gi continu de péricliter. En 1842, les Mi'gmaqs de Restigouche envoient une autre pétition au gouverneur pour lui faire prendre conscience que les populations de saumon de cette rivière sont « presque totalement épuisées ». Les Mi'gmaqs sont au bord de la famine et sont forcé-es de faire de l'agriculture et de l'élevage, comme le rapporte cette autre pétition écrite par des colons en 1834 :

« Le tems n'est pas éloigné et même est déjà objectivement arrivé où la pêche et la chasse qui a fait jusqu'à présent leur principal support, manquent au point qu'il ne leur reste plus maintenant d'autre support ressource que la culture de la terre. Les Sauvages sentent enfin la nécessité de l'agriculture à la quelle ils commencent à s'adonner et plusieurs à se procurer des animaux pour cet effet. »

Les décennies qui suivent voient les Mi'gmaqs, face à la répression coloniale, s'éloigner toujours plus de leurs pratiques traditionnelles. Iels se mettent à trouver des revenus en vendant leur temps, comme les blancs. Iels étaient bûcherons, draveurs, domestiques, manœuvres et employées dans les foyers. Dans les années 1860-70, après la création des réserves de Gesgapegiag et de Listiguj réduisant encore plus l'accès des Mi'gmaqs au territoire, certains d'entre eux deviennent même guides pour les riches pêcheurs sportifs qui se réservent des rivières pour eux seuls. En 1876, le tout nouveau Dominion of Canada passe la « loi sur les indiens » qui est aujourd'hui reconnue comme faisant partie d'un vaste effort génocidaire (à tout le moins culturel) contre les autochtones du soi-disant Canada. À partir de ce moment, des enfants ont commencé à être enlevés de leur famille par les forces policières pour être envoyés dans les pensionnats autochtones.

En 1886, la compagnie de pêche qui faisait des avances aux pêcheurs durant l'hiver à Paspébiac fait faillite et des milliers de familles font face à la famine. Les Paspéyas se révoltent et s'approprient les kilos de farines et autres vivres des magasins généraux de la compagnie de pêche. Les journaux insistent sur le fait que ce sont les Métis de Paspépiac qui sont responsables et qu'il faut que le gouvernement envoie des policiers pour sévir contre les émeutiers.

 

1900 - Aujourd'hui

Avant la Première Guerre Mondiale, la police locale en Gaspésie est donc suffisamment présente pour faire avancer le projet colonial et réprimer les tentatives de soulèvement, mais incapable d'agir face à des révoltes de plus grande ampleur. En 1919, plusieurs éléments, dont les inquiétudes face à la révolution bolchevique et la grève générale de Winnipeg, mènent le Canada à créer la GRC et le Québec emboîte le pas en 1922 avec la création de la Sûreté Provinciale. En 1929, face à la crise économique, l'ensemble des règlements concernant cette police provinciale sont refondus, le personnel est reclassifié et on augmente considérablement les effectifs et les salaires des policiers. Dans les années 30, on forme des escouades de la moralité, on crée la police des liqueurs, puis la police de la route. En 1938, Maurice Duplessis retransforme la structure de la Sûreté provinciale du Québec pour centraliser encore plus le pouvoir. C'est aussi à ce moment qu'il adopte la loi du Cadenas qui mène à la création d'escouades anti-communistes dans les différentes divisions de police. Cette même année, il ouvre des postes de police partout à travers la province et c'est ainsi que le premier poste de police de la Gaspésie est construit.

En 1939, les libéraux prennent le pouvoir et modifie quelques-unes des transformations sur lesquelles Duplessis venait de légiférer, mais celui-ci se fait réélire en 1944 et poursuit son œuvre. Quand les mineurs de Murdochville se mettent en grève en 1957, les 25 policiers locaux ne peuvent pas faire grand-chose et 80 policiers provinciaux sont appelés en renfort. La compagnie engage aussi des fiers-à-bras privés qui vont tirer des roches sur les grévistes et saccager leurs chars. La violente réponse de la police dans les grèves d'Asbestos, de Murdoch et d'ailleurs sera reprochée à Duplessis. La police est, à cette époque comme à toute autre, une entité politique travaillant pour maintenir l'ordre en place et protéger les intérêts des riches et des dominants. La police sous Duplessis, toutefois, travaillait activement à maintenir une seule faction de la classe dirigeante au pouvoir, comme le confirma la révélation de l'existence d'une section "politique" au sein de la police par le procureur général de l'époque, ce qui scandalisa les factions délaissées.

Lorsque Lesage se fait élire en 1960, il annonce qu'il éliminera l'influence politique dans l'embauche des policier-es. Ces changements ne changeront rien à la posture politique de la police en faveur des dominants et ne l'empêcheront évidemment pas de soutenir l'expropriation des gens pour la création du parc Forillon en 1970, puis de tous les villages gaspésiens jugés trop petits ou trop loin. Ces changements ne l'empêchent pas non plus de réprimer violemment le soulèvement mi'gmaq de 1981 concernant leur droit inaliénable à pêcher du saumon sur la Restigouche. En effet, cette année-là c'est 500 policier-es de la Sûreté du Québec qui débarquent dans la Baie-des-Chaleurs pour battre et arrêter les Mi'gmaqs qui se soulèvent.

En 1998, la commission Poitras sort son rapport d'enquête sur la SQ. On nous y confirme pour la énième fois que la culture interne au service de police mène ses membres à mentir et abuser de leurs pouvoirs. Vingt ans plus tard, rien ne porte à croire que la situation s'est améliorée. En 2013, face aux nombreuses critiques concernant la police qui enquête sur la police, le gouvernement crée le Bureau d'Enquête Indépendante. Un cadre un peu plus transparent qui ne change pas fondamentalement le fait que la police enquête sur la police (la moitié des enquêteurs-trices du BEI étant d'ancien-nes policier-es). Leur site internet nous permet toutefois de savoir qu'en 2016, un policier à tiré dans la jambe d'un homme à Gaspé qui avait un couteau dans les mains, qui ne semblait plus vraiment en contact avec la réalité et qui s'est mis à paniquer et à être agressif quand les policiers ont essayé d'intervenir. On y apprend aussi qu'en mars dernier à Sainte-Anne-des-Monts, un policier a poussé violemment un individu (contre qui une plainte de bruit avait été faite) en essayant de l'empêcher de refermer sa porte. L'homme a chuté par-derrière et a été gravement blessé à la tête.

 

En conclusion, il manque beaucoup d'informations pour avoir un portrait clair de l'évolution de la police en Gaspésie. Un travail de recherche au niveau des sources premières serait tout à fait nécessaire. Cet article permet quand même de saisir l'ampleur des bouleversements de la deuxième moitié du 18e siècle sur le territoire gaspésien et ses habitant-es. La colonisation du territoire est beaucoup plus active à cette époque, un shérif et un juge de paix arrivent et on affame les Mi'gmaqs en capturant tout le saumon. Si peu d'informations sont accessibles sur les actions quotidiennes de la police à cette époque, on sait toutefois que les seigneurs de ce qui deviendra la Haute-Gaspésie voulaient un juge entre autres pour faciliter leur capacité à recouvrir des dettes impayées et que le shérif dut assurer l'application du règlement de 1824 interdisant la pêche au harpon. La police de Gaspésie, comme celle d'ailleurs, a activement participé dans les 250 dernières années à maintenir en place le système qui favorise les hommes, les riches et les colons blancs. C'est toujours ce qu'elle fait.

 

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