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J’ai été à l’emploi de Mountain Equipment Coop durant 5 ans et demi. 5 ans et demi où j’ai eu une relation amour/haine avec cette compagnie qui se cache derrière des airs de coopérative. 5 ans et demi où j’ai eu l’opportunité d’en apprendre tellement beaucoup sur moi et sur mes relations avec les autres, mais surtout 5 ans et demi où j’ai eu l’occasion de voir l’évolution de cette entreprise et l’évolution de la logique marchande de cette industrie capitaliste cherchant constamment l’augmentation de son chiffre d’affaires, plutôt que de chercher l’épanouissement de ses membres et de ses employés. J’ai été témoin de resserrements de politiques, de coupures, du congédiement de certaines directrices de magasin parce qu’elles n’étaient pas rentables ou assez performantes pour cette belle et grande coopérative. (J’aimerais qu’on m’explique comment il est possible qu’en 5 ans et demi, j’aie eu la chance de voir passer 9 directeur.trice.s de magasin). Parlons-en de cette performance. Les directrices que j’ai rencontrées durant mon parcours étaient des individus hors pair, qui avaient à cœurs l’expérience employé.e.s, pis qui nous permettait de nous investir pleinement au sein des succursales. Mais, des directrices smattes, ça ne fait pas l’affaire. À la place, on engage du monde qui gérait, au par avant, des grosses multinationales pis on parle de logique marchande, parce que c’est important de faire du cash, quand on travaille au cœur d’une coopérative. Au fil du temps, j’ai été en criss. J’ai été en criss contre l’évolution de cette idéologie capitaliste, mais maudit que j’avais des belles conditions de travail: des assurances et des REER, c’est pas donné à tout le monde.

 

J’ai été à l’emploi de chez MEC durant 5 ans et demi, dans une petite succursale du Plateau Mont-Royal, que le CEO à décider de fermer, avec deux semaines de préavis, nous transférant, par le fait même, à une succursale du bout de la ville. Ce magasin n’était pas rentable pour cette industrie qui en a 22 autres, à travers le Canada. Cette fermeture fut certainement une des meilleures choses qui aurait pu m’arriver, elle m’a permis de m’épanouir et de m’envoler vers de nouveaux horizons. Elle m’a aussi permis de rencontrer du nouveau monde, des collègues exceptionel.le.s, qui se donnaient corps et âme pour le développement de cette compagnie, qui se sont investies durant de nombreuses années, qui avaient à cœur leurs emplois et qui donnaient leurs 110%.

 

Le 19 janvier, 11 employé.e.s de cette belle et grande coopérative se sont fait congédier. Je suis fâchée, pis j’ai envie de le crier partout où j’en ai la possibilité. Hier, la direction de Mountain Equipment Coop du marché central, à engagé un agent de sécurité, afin de mettre à pied 11 employé.e.s, qui cumulaient de nombreuses années de loyaux services au sein de cette dernière. Sans raison. Sans aucune raison. 11 personnes se sont fait dire que leurs performances ne valaient plus la peine. Pardon? Je voudrais qu’on m’explique depuis quand, dans une coopérative qui ne veut surtout pas faire de profit et tout réinvestir dans la communauté, on parle de la performance des employé.e.s? Depuis quand, on congédie des individus qui travaillent pour nous depuis 6 ans, sans leur permettre de dire au revoir à leurs ami.e.s et collègues et, qu’en plus, on les escorte à l’aide d’agents de sécurité?

 

Je trouve déplorable et absolument inacceptable cette façon de faire. Je trouve encore plus critiquable le fais que, cette manœuvre est camouflée derrière des belles paroles : on crée 950 statuts d’emploi, on donne des assurances à tous.tes nos employé.e.s, on augmente leur salaire, tout le monde est content.e, et on sort de cette conférence ravie. Pendant ce temps, dans la salle voisine, on congédie des personnes, sans raison, et on s’assure qu’ils et qu’elles sortent en dernier du magasin, afin qu’elles ne croisent aucun.e.s de leurs collègues. Pendant ce temps, dans la salle voisine, on explique à nos employé.e.s que leurs collègues ont une augmentation de salaire et des conditions de travail incroyables.

 

J’ai souvent défendu la coopérative, pis j’ai envie de retirer toutes les belles paroles que j’ai pu lui allouer, parce que, après tout, ça reste une maudite grosse compagnie avec des gestionnaires qui veulent s’en mettre plein les poches.

 

Love’N’Rage les ami.e.s. Soyez fort.e.s