En début d’après-midi aujourd’hui, dimanche 6 décembre 2020, le Service de sécurité incendie de Montréal et le SPVM ont procédé à une intervention au campement Notre-Dame, où résident plusieurs dizaines de personnes en situation d’itinérance. Une dizaine de véhicules de la police rôdaient autour du camp. Les pompiers ont distribué des avis d’éviction aux campeurs et le SPVM a annoncé qu’il accorderait jusqu’à demain matin aux occupant.e.s pour plier bagage. Alors que plusieurs résidant.e.s du campement n’ont pas l’intention de quitter, les policiers ont affirmé qu’ils procèderaient au démantèlement du camp dès 8h demain matin.

De passage au campement pour faire quelques entrevues avec les médias, le maire d’arrondissement Pierre Lessard-Blais a refusé d’admettre que la situation au campement relevait d’un enjeu politique, affirmant que la situation était hors de son contrôle. Invectivé par plusieurs personnes en colère lui reprochant son inaction, il a quitté le campement sous une pluie d’insultes.

Le site, occupé depuis environ six mois, n’a cessé de grossir depuis son implantation. Un bloc sanitaire, une cuisine, un wifi bidouillé : les occupant.e.s ont amélioré leur camp au fil du temps et ont appris à vivre ensemble malgré le bruit des camions, des bateaux et l’odeur des exhaust. L’endroit n’est pas parfait, mais ils et elles sont nombreux.ses à préférer le campement aux refuges où les conditions d’accès sont sévères et discriminatoires.

L’avis d’éviction arrive après qu’un incendie, fort médiatisé, soit survenu au campement hier soir. En effet, une bougie mal placée avait fait bruler une tente entière. Heureusement personne n’a été blessé, malgré la décision des pompiers de laisser le feu ravager la tente. Sans pouvoir confirmer s’il est ici question de simple mépris ou d’une directive politique, plusieurs témoins affirment avoir vu les pompiers patienter très longtemps avant de prendre les moyens pour intervenir. Le lendemain, pour faire bonne figure, la sécurité incendie de Montréal (SIM) avait tout d’abord annoncé vouloir entreprendre des démarches de sensibilisation auprès des habitant.e.s du campement. Mais c’est plutôt avec des injonctions, accompagnées des habituelles brutes policières que le SIM s’est présenté aujourd’hui au campement.

Une opération de harcèlement de la part de la ville avait déjà commencé il y a quelques jours. Des employés venaient vérifier si les tentes étaient occupées durant la journée et, si elles ne l’étaient pas, n’hésitaient pas à les démanteler et à disposer des effets de son occupant.e.s. Certain.e.s ont eu la mauvaise surprise de revenir à leur tente pour ne plus la trouver où elle était jusqu’au matin.

La tension était vive au campement aujourd’hui, alors que l’incertitude liée à l’intervention policière imminente vient ajouter un poids sur les épaules des occupant.es. La question se pose à celles et ceux qui y ont élu domicile au campement : partir, mais pour aller où ? Avec l’hiver qui approche, l’insécurité est grande dans cette population déjà fortement marginalisée et discriminée.

Pour suivre l'évolution de la situation au campement : https://www.facebook.com/CampementNotreDame