L'hiver offre la possibilité de ralentir et de prendre le temps de réfléchir. Inspirer, fermer les yeux, porter l'attention sur soi, sur les relations qui nous composent, avant que ne reviennent la fougue du printemps et le fourmillement d'activités, que le regard ne soit à nouveau porté vers l'extérieur. Pourtant le froid rend difficile de se réunir en grand nombre pour discuter et partager, faute de lieux disponibles – de parcs, de ruelles, de places publiques, de squares, de plages, de forêts. Les grands moments de rassemblement entre les différentes lignées de résistance ont généralement lieu quand il fait chaud, même si dans les creux d'hiver on en aurait tant besoin.

 En février prochain, la Foire d'Hiver organisera un espace de réflexion et de partage sur la manière dont les conflits sont vécus au quotidien, pour contribuer à bâtir des communautés résilientes et responsables. L'espace de la foire souhaite contribuer à transformer la culture autour des conflits qui reproduit souvent une norme de justice punitive. Comment répondre à la culture de call-out qui ostracise et génère de la honte, de la culpabilité et une anxiété constante? Comment répondre à la professionalisation du care qui dépossède des capacités d'écoute et de soin, à l'appareil institutionnel médical qui individualise et pathologise la douleur? Quelles pratiques sont les plus propices à atténuer et soigner les blessures que nous nous causons? Comment interrompre la reproduction des cycles de violence et affirmer communément la responsabilité, la sensibilité et le soin?

L'événement s'inscrit dans une tradition anarchiste, où la lutte contre les diverses formes de domination et d'exploitation s'allie à des pratiques de soin et de guérison, en nourrissant la puissance du coeur, du corps et de l'esprit, tant à un niveau collectif qu'individuel. La foire ouvrira un espace de partage et de dialogue qui se veut bienveillant et où pourront se croiser différentes tendances anti-autoritaires anarchistes, communistes anti-étatique, autonomes, queers, féministes, socialistes libertaires, anticoloniaux, anti-racistes, etc.

 Retrouvons-nous le 8 février 2020, à Hochelaga au 1611 avenue d'Orléans (coin Adam), pour mettre en commun nos expériences et réflexions et enrichir les cultures de conflit.

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