Avec son bois, son poisson et maintenant son pétrole, on considère la Gaspésie comme une région ressource du Québec. Ces dernières décennies, avec le perfectionnement des technologies et les nombreuses tentatives d'exploration, la Gaspésie connaît d'une certaine façon son propre boom pétrolier. La majeure partie de la péninsule est déjà claimée par un certain nombre de compagnies pétrolières, incluant Junex, Petrolia, Squattex, Olitra et beaucoup d'autres. Une bonne part de ces baux qui donnent aux compagnies le droit d'explorer et d'exploiter le pétrole et le gaz naturel de la région se basent sur des acquisitions territoriales effectuées au nom de la Couronne au début des années 2000. L'accès aux droits miniers se base pareillement sur de telles «réclamations territoriales». D'un point de vue légal, les particuliers n'ont aucun mot à dire en ce qui a trait aux ressources qui gisent sous la surface des terres qu'ils «possèdent», car elles appartiennent toutes au gouvernement canadien, cette fameuse Couronne.

 

  D'ailleurs, autant Junex que Pétrolia sont considérées comme des juniors, dont le capital, et les capacités techniques sont insuffisantes pour opérer d'elles-mêmes à large échelle. En conséquence, elles sont dans l'obligation de s'associer à des partenaires financiers plus imposants pour mener à bien leurs projets. Plus souvent qu'autrement, leur partenaire majeur se trouve à être le gouvernement lui-même, qui investit de manière indirecte, par le biais d'Investissement Québec ou de Ressources Québec. Le gouvernement provincial était un partenaire et un actionnaire majeur de Pétrolia lorsqu'il convoitait le pétrole d'Anticosti. Et Investissement Québec est le troisième actionnaire en importance dans Junex.

 

   «Ressources Québec dispose d'une capitalisation de plus de 500 M$ destinée à réaliser des investissements dans ces secteurs. Ressources Québec est également le gestionnaire du fonds Capital Mines Hydrocarbures (CMH), doté d'une enveloppe de 1 G$, dont 500 M$ pour les projets réalisés sur le territoire du Plan Nord et 500 M$ pour l’ensemble du Québec.»(Site web d'Investissement Québec). 

 

  Avec un tel investissement, la compagnie peut mettre en branle ses travaux d'exploration, sachant qu'il dispose d'un partenaire de confiance, tout en montrant aux autres actionnaires que leur investissement est garanti et stable. Qui plus est, cela donne confiance aux compagnies pétrolières plus importantes, qui se retrouveront souvent à racheter les compagnies plus petites lorsque ses gisements prouveront leur productivité. Notons que ces compagnies ont besoin des investissements gouvernementaux du fait que leurs projets ne sont pas nécessairement profitables, ce qui éloigne souvent les investisseurs privés qui ont peur du risque.                

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  «Les ressources pétrolières et gazières de la Gaspésie sont des sources dites non-conventionelles, qui exigent des méthodes d'extraction tout aussi non-conventionnelles.»                                                              

 

Ce terme, qui donne l'impression qu'il s'agit d'un processus innovateur et créatif, indique plutôt simplement qu'il exige davantage de temps, d'argent et de risques pour extraire moins de ressources. Le groupe écologiste   

 

  Environnement vert plus (EVP) indique que «puisqu’aucun des 175 puits déjà forés en Gaspésie depuis les débuts de l’exploration pétrolière dans la région en 1860 n’a donné lieu à une production commerciale avec les techniques conventionnelles, les chances restaient assez minces que les nouvelles compagnies y parviennent mieux que les anciennes». Alors que la majorité du sous-sol gaspésien est claimé, seules deux compagnies, Junex et Pétrolia, sont présentement actives. Quelles sont alors ces compagnies et quelles sont leurs intentions?  

 

MÉCHANT #1 :  JUNEX                                              

2795, boulevard Laurier, bureau 200, Québec (Québec)     
G1V 4M7 Téléphone : 418 654-9661                                                    

Fondée en 1999 par un géologue et ancien président de la SOQUIP (Société Quebecois d’Initiatives Petrolières).  Junex possède des droits d'exploitation en Gaspésie, dans les Appalaches, le Bas-Saint-Laurent, et a pour un temps convoité l'île d'Anticosti, pour laquelle elle avait reçu une compensation financière après le moratoire sur l'exploration décrété l'été dernier. Junex possède également 2200 acres sous licence dans l'ouest du Texas.    Elle n'a actuellement qu'un projet actif en Gaspésie: Galt, lieu du blocage de cet été et du Camp de la Rivière qui s'y est installé par la suite. Galt se trouve à 20km de Gaspé, sur la route 132. Sur le site de Junex, on découvre que «à la fin de l'automne 2014 Junex a foré sur ce projet un premier puits horizontal (Galt No 4 Hz) à partir du puits existant Galt No 4 vertical».    Avec la pression du blocage de cet été et du camp qui a suivi, Galt a été soumis à un moratoire de quatre mois, devant expirer en janvier 2018. Le moratoire a été décrit publiquement comme devant permettre «une consultation publique avec la communauté Mi'kmaq». Cette consultation n'a toujours pas eu lieu et semble n'avoir été rien de plus qu'une tentative de taire les critiques.    

 

MÉCHANT #2 : PÉTROLIA                               

511 rue Saint-Joseph est, local 304 (deuxième étage)         
Québec (Québec) G1K 3B7 Téléphone : 418-657-1966       

 

Fondé en 2002. Sous le slogan «De l'énergie canadienne pour les marchés internationnaux», Pétrolia opère sous la direction de la compagnie Pieridae Energy, qui possède également une filière en Alberta.   Pétrolia affirme avoir " actuellement huit projets d'exploration et de développement de gaz naturel à diverses étapes de développement: Projet de Tar Point; Projet de Corte-Réal; Projets Gaspésia, Edgar et Marcel-Tremblay; Projet non désigné au Nouveau-Brunswick; Projet Gastonguay; Projet Matapédia; Projet Restigouche"   En Gaspésie, Pétrolia a deux projets actuellement actifs: Haldimand et Bourque. Découvert en 2006, le gisement de Haldimand est situé sur la péninsule du même nom, dans les environs de Gaspé, dans une section boisée du secteur de Sandy Beach. Un de ses puits se trouve à 450 mètres d'une résidence. Bourque se trouve près de Murdochville.   

 

Autres adresses utiles : 

Squattex : 7055, boul. Taschereau, Bureau 500, Brossard QC, J4Z 1A7

Olitra inc : 400 rue Saint-Jacques, Montréal QC, H2Y 1S1    .