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L'économie est actuellement  mise au ralenti par la crise sanitaire du COVID-19. Plusieurs mesures ont déjà été prises pour ralentir la propagation du virus, comme la fermeture de plusieurs services et lieux de consommation, des écoles et la gratuité des autobus. Des centaines de milliers de personnes ont perdu leur revenu et se retrouvent devant l'évidence que l'argent manquera pour payer leur loyer ou leur hypothèque le 1er avril. Pour que tout le monde puisse rester chez soi, il faut que les loyers et les hypothèques soient suspendus et que personne ne soit punni pour les non-paiements. Il faut pouvoir arrêter de travailler en sachant que nous n'allons pas nous retrouver à la rue.  Une initiative qui a pris racine à Montréal se répand actuellement dans différentes villes au Québec, aux États-Unis et en France: afficher à sa fenêtre, sur sa galerie ou à son balcon des draps blancs ou des bannières blanches en guise de symbole de la grève des loyers. 

 

Ce qui est avant tout en question dans cette grève des loyers, ce sont nos vies. Pour toutes les personnes et les familles ayant de la difficulté à joindre les deux bouts et qui se font priver de revenus, ou pour tous ceux et toutes celles qui sont obligé-es de continuer à travailler, l'obligation de payer le loyer s'ajoute comme une épreuve de plus dans un contexte déjà difficile. 

 

Premièrement, dans une situation aussi dramatique que celle que nous vivons, il est complètement irresponsable de forcer les populations les plus précarisées et marginalisées à devoir limiter leurs besoins de base pour payer le loyer. Les mesures qui ont été mise en place par les gouvernements fédéral et provincial ne s'adressent pas à tous le monde : actuellement, ceux et celles qui ne sont pas admissibles à l'assurance-emploi (travailleurs autonomes ou à contrat, étudiant.es, travailleurs précaires, etc.) et qui ne sont pas malades n'ont plus de revenus et n'ont droit à rien du gouvernement. Bien que l'assurance-emploi ait été bonifiée, le temps d'attente pour l'obtenir n'a pas disparu, bien au contraire. Les mesures proposées par les gouvernements ne permettront pas à ceux qui en ont besoin pour survivre de payer leur prochain loyer.

 

Deuxièmement, pour beaucoup d'entre nous, le loyer impose de devoir continuer à travailler, malgré tous les appels à minimiser les contacts, à se distancier socialement. Il faut cesser d'invisibiliser toutes ces personnes qui sont forcées de mettre leur vie en péril dans des emplois qui ne sont pas essentiels. Suspendre les loyers permet à tous et chacun de dire à son employeur : je ne rentre plus travailler, ma vie vaut plus que tes profits. Ou autrement de négocier une diminution d'heures, ou une transformation du rôle du travail. Il donne donc un levier pour sortir de situation où nos vies sont mises en péril sans raison valable.

 

Pour que cette problématique puisse débloquer, ne demeure pas dans un conflit direct entre locataire et propriétaire, il est impératif que l'ensemble des hypothèques et loyers soient gelés. Les banques ont déjà commencé à reporter les paiements hypothécaires. Si ceux et celles qui ont accès à la propriété n'ont pas à payer leur hypothèque, les locataires ne devraient pas avoir non plus à payer le loyer à leurs propriétaires.

 

C'est pour cette raison que nous invitons tous les locataires à afficher leur support à la grève des loyers en suspendant un drap blanc sur leur balcon. Dans un moment comme celui-ci, sans possibilité de manifester ou de faire une grève générale du travail ou de l'école, - bref de faire entendre sa voix - la grève des loyers est un des seuls outils qui nous reste pour faire pression et changer les choses.