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Des squatters allemands, au Camp de la rivière, en passant par les gilets jaunes, les divers groupes prônant la décroissance et une multitude de communautés autochtones défendant leur territoire, la pratique de l’occupation semble résonner avec bien des luttes et enjeux. Et pour cause, le système qui est derrière la crise climatique et qui perpétue les schémas impérialistes d’oppression gagne à nous couper de nos liens avec les territoires qui nous abritent. Les espaces sont divisés en ceux privés qui ne nous appartiennent pas (la majorité de ceux que l’on occupe) et ceux qui sont supposément publics. Cependant, ces espaces publics qui devraient être collectifs sont réduits à des lieux de passage (parc, rue, promenade, etc.) qui nous permettent de passer d’un lieu privé à l’autre.

En occupant ces espaces publics, on brise ces schémas et on reprend le contrôle sur ces espaces et sur ce qui s’y déroule. Dans le contexte de la lutte climatique, il nous faut revoir notre rapport au territoire et aux communautés qui y vivent. Il nous faut cesser de voir les territoires uniquement en fonction de leur valeur économique et commencer à comprendre ce qu’ils apportent aux gens qui les occupent.

S’inspirant des ZAD (Zone À Défendre) et d’occupation plus temporaire, le projet de ZOF (Zone d’Occupation Festive) représente une occasion de prendre contrôle des espaces publics, d’y maintenir une présence, de les politiser et d’en faire des lieux agréables de célébration et de résistance. La forme d’une ZOF est extrêmement variable. En effet, la ZOF est adaptable aux enjeux et désirs des communautés au sein desquels les militants.es l’organisent. Elle peut être un moyen de bloquer un projet spécifique, de créer un blocage économique ou simplement de prendre un espace quelconque pour en faire un lieu agréable d’échange et d’organisation, toujours dans le but de faire autant une célébration qu’un acte de lutte.

Dans le cadre de la Semaine de la transition, la CEVES lance un appel général à l’occupation festive le jeudi 2 avril 2020. Nous nous adressons au militants.es (de la CEVES, de la communauté étudiante ou d’ailleurs) dans l’ensemble de la province et nous les invitons à cibler des lieux proche d'eux et de s’organiser pour en prendre contrôle et les transformer, ne serait-ce que temporairement, en quelque chose d’autre. Le but est qu’au même moment, à travers le territoire, divers lieux deviennent des espaces rassembleurs et politiques.

Il s’agit d’une occasion pour les différents groupes au sein des communautés de collaborer ensemble pour reprendre leurs espaces communs afin de penser à comment iels pourraient y vivre autrement. Dans le contexte de l’escalade des moyens de pression, c’est aussi une occasion de montrer la largeur de notre mouvement, notre détermination, notre capacité à collaborer et l’étendue du territoire où l’on se retrouve. De plus, c’est une occasion pour nous, les militants.es derrière ce mouvement, de se retrouver, de tisser (ou retisser) des liens qui nous rendrons plus fort pour la suite et de réfléchir tou.te.s ensemble à ce qui suivra.